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PEDRO ALMEIDA:
Le cheval, une profession de foi

Myriam Lambert – août 1987
Rencontre entre le talent d’un jeune écuyer et l’enthousiasme de cavaliers à la recherche d’une équitation juste. Enthousiasme partagé par le « beau et le bon » à cheval. Stage réussi….. avec l’envie de récidiver… encore mieux et le plus tôt possible.

C’est sous un soleil véritablement méridional et qui quelquefois « tapait dur » que se déroula, du 29 juillet au 7 août dernier, le 5ème stage animé par le jeune écuyer portugais Pedro Almeida dans les installations de l’Ecole d’Equitation de Bierges (à côté de Wavre) où l’on se rappellera que, pendant de très nombreuses années, Maître Nuno Oliveira anima des stages passionnants, tradition interrompue seulement par le décès, en février 1989, de ce maître remarquable.

Bon nombre de chevaux lusitaniens s’étaient donné rendez-vous pour l’occasion, mais on vit également des chevaux de sang, belges et étrangers, profiter avec le même bonheur de l’enseignement de ce jeune écuyer talentueux qui eut notamment pour maître…. Nuno Oliveira.

Originaire de Coimbra, fils d’ingénieur, Pédro Almeida pratiqua l’équitation en famille de très bonne heure. Frères et sœur partageaient la même passion tout en se consacrant aux études.

« A l’époque, précise Pedro Almeida, il était possible de monter les chevaux de la cavalerie de la Garde Républicaine (remontée de quelque 200 chevaux « Cruzados »).

Chemin faisant, il s’est nanti d’un diplôme d’ingénieur en agronomie. Parallèlement, il obtient un diplôme d’instructeur à l’Ecole militaire de Maffra. Et le haras national du Portugal (Coudelaria Nacional de Fonte Boa) retient sa candidature pour y assumer la responsabilité d’écuyer. Dès lors, il va prendre en charge la destinée de plus de 80 étalons admis, des lusitaniens de pure race pour la plupart et quelques pur-sang anglais et arabes.

Voilà 12 ans qu’il exerce cette fonction, débourrant et dressant au plus haut niveau les étalons d’élite stationnés au haras, une bonne vingtaine de personnes l’assistant dans cette fonction. Parallèlement, il s’occupe également des jeunes sujets d’élevages privés et renommés de son pays.

De longues journées bien chargées qui se terminent souvent tard !

Pareil emploi du temps ne l’a pas empêché d’accepter encore d’autres charges, dont celle d’animer depuis bientôt 3 ans des stages au Brésil, en Suisse, en Italie et en Belgique. Autant de moments très réussis…à en juger par l’affluence que connut ce 5ème stage organisé dans notre pays. Il fallut refuser du monde !




Une équitation juste, en équilibre et en légèreté

Enthousiasme, cavaliers passionnés, spectateurs et amis venus nombreux, le stage fut placé sous le signe de la réussite. Il est vrai qu’autour de Pédro Almeida l’atmosphère est à l’étude dans la décontraction et au travail dans le calme.

Affabilité et simplicité président immanquablement aux contacts entre le maître de stage et ses élèves. Toujours, la recherche d’une équitation juste, en équilibre et légèreté, est en toile de fond. Le « leitmotiv » de chaque leçon ! Rigueur et classicisme sont les maîtres mots de son discours par ailleurs très sobre et toujours en nuances. Et de répéter souvent que volonté, Constance et travail permettent de conquérir beaucoup, sans perdre de vue qu’un cheval doué d’un bon caractère, d’une morphologie adéquate et d’allures de qualité sera le complice d’une équitation plus belle et plus fine.

Toujours, le coup d’œil est perçant et sûr, la difficulté est vite décelée et suivent aussitôt les indications techniques qui vont permettre d’aller au fond du problème et vers la solution.

« Je voudrais que vous ayez des chevaux plus justes, plus faciles et plus agréables à monter », dit-il à ses élèves. Et il s’investit totalement dans cette profession de foi, montant tous les chevaux (même les moins doués) avec un intérêt toujours renouvelé, une disponibilité sans faille, un savoir-faire qui ne se dément pas…et un calme olympien, recherchant patiemment plus d’équilibre, de légèreté et le « beau et le bon » à la mesure et dans le respect de chacun d’eux. Le temps et les efforts sont dispensés sans compter…avec une vigilance de chaque instant.

Même à l’issue d’une longue journée où les chevaux ne sont succédé sous les yeux et la selle de Pédro Almeida, l’heure n’est jamais trop avancée pour parler encore et toujours des chevaux et de la meilleure façon de conduire leur évolution. Tard quelquefois, il est encore question de l’appuyer du Gris, des engagements de pied du Bai au du passage de l’Alezan.

Ca s’appelle tout simplement la passion… et cela, les élèves l’ont bien compris, eux qui attendent déjà..le prochain stage.
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